đŸ§±đŸ”„ De l'utilitĂ© des pare-feu

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Depuis longtemps l’usage des pare-feu est considĂ©rĂ© comme un point important de la sĂ©curitĂ© en informatique

Ayant rĂ©flĂ©chi Ă  la configuration de mes pare-feu que ce soit directement sur mon serveur ou sur mon routeur, je suis aujourd’hui bien moins enthousiaste sur leur utilitĂ©, configurer un pare-feu prend du temps pour une sĂ©curitĂ© limitĂ©.

Avant d’aller plus loin, il faut distinguer 2 grand cas d’usages de pare-feu :

Note : J’omets volontairement dans ce sujet de parler de NAT qui n’est pas un pare-feu, mais peut se configurer via des rĂšgles de pare-feu. Pensez donc plutĂŽt Ă  un rĂ©seau IPv6 classique quand je parle de pare-feu au niveau du routeur.

Les pare-feu

Qu’est ce qu’un pare-feu concrùtement

On imagine souvent que le pare-feu protÚge des attaques extérieures qui pourrait sans cet instrument entrer comme ils veulent dans votre réseau et vos appareils
 la réalité est bien moins épique et bien plus décevante.

En gĂ©nĂ©ral un pare-feu, ça ressemblera mĂ©taphoriquement Ă  ça :

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Oui un mur placé devant un autre mur


Oui, car en rĂ©alitĂ©, il ne suffit pas que le port soit ouvert pour que la machine traite l’information :

Le pare-feu est donc rĂ©ellement pertinent dans des cas oĂč Ă  un certain niveau, le systĂšme dit “je veux l’information” mais qu’on veut lui imposer par-dessus “il ne faut pas que l’information transite”
 il s’agit de situation trĂšs particuliĂšre, parce que si on a la main sur le systĂšme autant ne pas demander l’information directement, non ?

Bref, le pare-feu ne protĂšge pas vraiment des attaques extĂ©rieures, mais Ă©ventuellement :

L’autre intĂ©rĂȘt, c’est dans le cas oĂč les responsabilitĂ©s sont Ă  diffĂ©rents niveaux, par exemple un administrateur rĂ©seau va pouvoir avoir envie de mettre des rĂšgles trĂšs stricte, car il ne fait pas confiance au matĂ©riel que les utilisateurs utiliseront.

NĂ©anmoins, on voit que tout cela est bien fragile si on dĂ©cide explicitement d’utiliser du matĂ©riel dont on n’a pas pleinement confiance.

Pour le dire autrement : Mettre a jour ses appareils et ne pas installer des choses auquels, on n’a pas confiance sont des solutions de sĂ©curitĂ© infiniment plus pertinente que de bloquer tel ou tel port.

Un pare-feu ne sert donc qu’à rĂ©duire les risques, rĂ©duire les consĂ©quences d’un “si Ă©ventuellement” souvent improbable.

On pourrait se dire, il n’y a qu’à filtrer que le contenu malicieux
 sauf qu’entre le coĂ»t de traitement, les problĂšmes de vie-privĂ©e, la difficultĂ© technique de comprendre le contenu chiffrĂ©, etc. c’est peine perdue.

À noter de que filtrer le contenu malicieux est Ă  la base de la logique des “antivirus” qui sont une technique qui dĂ©tecte du mauvais contenu par empreinte, ce qui est Ă  la fois malin et une solution trĂšs insatisfaisante, car on ne s’attaque pas Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© du systĂšme lĂ  oĂč elle est vraiment.

Les raisons historiques des pare-feu

Pour bien comprendre pourquoi les pare-feu existent, il faut revenir bien en arriĂšre, historiquement les ordinateurs et les rĂ©seaux n’avaient que peu de sĂ©curitĂ© et Ă©tait trĂšs permissif, des hackers pouvaient ainsi se balader Ă  volontĂ© dans les rĂ©seaux tĂ©lĂ©com dans les annĂ©es 70. L’idĂ©e de restreinte l’usage de l’ordinateur et qu’une personne mal intentionnĂ©e puisse l’utiliser Ă©trangĂšre Ă  beaucoup d’utilisateurs, souvent universitaire de l’époque, hormis peut-ĂȘtre sur quelques appareils militaires spĂ©cifiques, ce n’est qu’avec la massification de l’utilisateur que ces questions se sont vraiment posĂ© et que les systĂšmes et les dĂ©veloppeurs ont commencĂ© Ă  ne plus faire n’importe quoi en matiĂšre de sĂ©curitĂ©.

Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, plus rĂ©cemment, la permissivitĂ© des systĂšmes PC dans les annĂ©es 90 a abouti Ă  une avalanche de catastrophes avec les virus, les intrusions, etc. les systĂšmes et le personnel n’étaient pas rĂ©flĂ©chis dans cette optique et donc des solutions que j’appellerais “mieux que rien” sont apparus : antivirus et aussi pare-feu.

Bref, autrefois, le systĂšme Ă©tait “ouvert au quatre-vent” car les dĂ©veloppeurs n’avait juste pas rĂ©flĂ©chi Ă  la question, aujourd’hui les systĂšmes actuels sont bien plus Ă©tudiĂ© sur ces aspects et donc on peut avoir une confiance relative dans ces logiciels utilisĂ©s par des millions voir milliard d’utilisateurs, pour ne pas faire n’importe quoi.

Un pare-feu en 2026, pourquoi faire alors ?

Pour un systĂšme Gnu/Linux rĂ©cent. Je ne conseille personnellement pas spĂ©cialement la configuration d’un pare-feu sur vos serveurs ou machine personnelle sauf si vous Ă©tes parano ou avez envie d’apprendre : Cela ajoute juste de la complexitĂ© pour des cas d’usage ou de toute façon, si vous n’avez pas confiance en votre machine, pourquoi faire confiance dans le fait que le pare-feu lui vous protĂ©gera ?

Une solution plus pertinente dans ce cas prĂ©sent est Ă©ventuellement un mĂ©canisme de pare-feu “rĂ©actif” comme des logiciels fail2ban ou reaction.

Le cas du pare-feu rĂ©seau (en milieu de rĂ©seau) est un peu diffĂ©rent Ă  mon sens, car on peut imaginer des choses plus pertinentes :

Quelles rÚgles établir pour son routeur chez soi ?

Si vous ĂȘtes dans le cas d’un rĂ©seau domestique, il y a forte a pariĂ© que vous ne pas chercher spĂ©cialement Ă  surprotĂ©ger votre rĂ©seau, vous voulez avant tout profiter de l’internet avec peu de friction


Il est donc compliquĂ© de dĂ©cider de rĂšgles d’autant que vous n’ĂȘtes souvent pas seul Ă  utiliser le rĂ©seau.

Faut-il du coup mettre un pare-feu et si oui quelles rĂšgles ?

Le comportement le plus classique des pare-feu rĂ©seau est le suivant :

L’idĂ©e est astucieuse, car cela interdit d’un coup tout potentiel serveur ou faille de sĂ©curitĂ© en contact direct des machines du rĂ©seau. Des intrusions sont toujours en thĂ©orie possible, mais bien moins Ă©vidente.

Limite de ces rĂšgles ?

Mais du coup, quel type de services légitime cette rÚgle par défault peuvent-elles bien bloquer ?

  1. Les serveurs.
  2. les systĂšmes P2P : Torrents, Syncthings, appel audio et vidĂ©o.

Pour le 1er point, le problĂšme est relatif, en effet si vous hĂ©bergez un serveur, pourquoi ne pas l’autoriser dans les rĂšgles de votre routeur une bonne fois pour toutes.

Pour le second point
 c’est plus embĂȘtant. Si vous devez ouvrir systĂ©matiquement des ports manuellement pour tel ou tel usage P2P ça risque d’etre compliquĂ©.

Faut-il donc tout autoriser au nom du P2P ?

La réponse est compliquée, car cela dépend réellement de comment les systÚmes que vous utilisez fonctionne.

Le fait est que l’état actuel des rĂ©seaux est d’interdire certain usage par dĂ©fault, de façon explicite (pare-feu) mais aussi implicite du fait du NAT en IPv4. Donc les services qui se basent sur du P2P ont dĂ» trouver des solutions pour fonctionner. Ces solutions sont multiples :

La 1Ă©re solution n’a pas une super bonne rĂ©putation notamment Ă  cause d’uPnP, elle implique aussi que le routeur soit compatible, nĂ©anmoins, il existe un certain nombre d’applications qui tente si uPnP est disponible d’ouvrir le port.

La seconde solution consiste Ă  tirer parti du comportement de la plupart des pare-feu pour ouvrir une session entre les deux machines mal grĂ© le pare-feu qui l’empĂȘche, elle ne fonctionne donc pas pour tous les pare-feu, mais une bonne majoritĂ©.

La derniùre solution est la solution de dernier recours, elle implique de la perte de performances et l’obligation de faire tout transiter par une machine tierce.

Comme on peut le constater aucune de ces mĂ©thodes n’est pleinement satisfaisante, pour autant, c’est la situation actuelle de la majoritĂ© des utilisateurs aujourd’hui et ça fonctionne visiblement assez bien.

La rĂšgle d’interdire les connections entrantes peut donc bel et bien ĂȘtre gardĂ© sans poser tellement de problĂšmes, car les dĂ©veloppeurs ont dĂ©jĂ  fait le travail de contournement.

TLDR : Quelle rĂšgle je mets du coup sur mon rĂ©seau domestique ?

Il n’est pas nĂ©cessaire de chercher Ă  ĂȘtre original, interdisez les connections entrantes non Ă©tablies comme tout le monde et tout ira bien.

Si vous voulez vous distinguer un peu, vous pouvez envisager d’autoriser la plage haute de l’UDP (>1024) qui sont utilisĂ© pour les applications P2P.

Si la paranoia est votre passion et que vous connaissez bien votre rĂ©seau, vous pouvez aussi vous amuser Ă  autoriser que les traffics existant, mais je suis assez perplexe sur l’utilitĂ©, cela dit, c’est une trĂšs bonne façon d’apprendre Ă  connaĂźtre les pare-feu et votre rĂ©seau.

Quant au mĂ©canisme tel qu’uPnP et PCPv2 (la version moderne du systĂšme), ils ne me semblent pas assez utiliser largement que ce soit niveau client ou serveur (seul MiniUPnP semble implĂ©menter le protocole serveur en opensource) pour que cela en vaille vraiment la peine.

Bref tout cas pour au final revenir au point de dĂ©part : Un pare-feu des plus classiques. Cela en est un peu frustrant.

Voilà c’est tout pour aujourd’hui .